Alternatives économiques : le dessous des chiffres

Mois après mois, le mensuel Alternatives économiques publie des articles, des dossiers et des points de vue sur le chômage. C’est d’autant plus remarquable qu’il est quasiment seul parmi les périodiques papiers à le faire. Et que ses publications ne se contentent pas, comme trop de grands médias, à reprendre mot pour mot les communiqués officiels ou les papiers de l’AFP.

Alternatives économiques fournit des arguments, des chiffres, des analyses et n’hésite pas, ce qui est plus risqué pour un magazine, à évoquer les solutions. À chaque numéro, on peut être d’accord ou pas, contester telle ou telle analyse et ne pas partager une proposition : il reste que cette activité éditoriale nourrit le débat public. Cette production de connaissances sur le chômage et la situation des chômeurs, chômeuses et précaires permet aussi aux associations et aux syndicats de puiser dans ces outils des arguments vérifiés et vérifiables.

La question du chômage, envisagée sous l’angle social ou économique, est d’une redoutable complexité, ne le nions pas. D’autant que de nombreux acteurs du débat politique sur la question s’emploient sans relâche à désinformer, stigmatiser, brouiller les cartes et les pistes. La plupart du temps pour noyer les responsabilités et masquer les causes réelles.

Le débat sur les chiffres (ou les 35 heures, les soi-disant « charges sociales »…) est particulièrement aigüe depuis quarante ans. La fameuse inversion (ou pas…) de la courbe du chômage est constamment obscurcie volontairement par le discours gouvernemental et patronal. Pouvoir s’appuyer sur une publication faisant référence par son sérieux est de la première importance. Pour les chômeurs et précaires mais aussi pour les citoyennes et citoyens appelés à prendre leurs responsabilités en cette période pré-électorale aux enjeux si décisifs pour l’avenir.

Aussi est-il important parfois de reconnaître sa dette, cela va de soi, mais cela vaut encore mieux en le disant. Si Alternatives économiques n’existait pas, il nous manquerait. La dernière édition en date, abordant dans un dossier le dessous des chiffres du chômage, est de la meilleure veine. « Le chômage au sens strict se stabilise, mais les emplois précaires se multiplient. » argumente le numéro de décembre. CQFD. C’est ce qu’il nous faut sans cesse démontrer, la précarité augmente. C’est rassurant de constater que ce que les associations de chômeurs mesurent sur le terrain est confirmé par l’analyse économique. Nous nous sentons moins seuls.

Robert Crémieux

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