Assurance chômage : un cadrage répressif de la réforme

Les partenaires sociaux viennent de recevoir la lettre de cadrage de la réforme voulue par le gouvernement pour l’assurance chômage.
En cinq chapitres brefs et peu détaillés la lettre rappelle les orientations connues du gouvernement et charge les partenaires sociaux de trouver des solutions à une partie des questions qu’il n’a pas pu lui-même résoudre.

Il fixe comme prochaine étape la date de fin janvier pour que les partenaires sociaux se mettent d’accord, faute de quoi le gouvernement reprendra la main.
Concernant les droits de  chômeurs, le gouvernement confirme son option répressive par un contrôle renforcée des chômeurs, vieille rengaine qui à défaut de mettre en oeuvre des solutions pour éradiquer le chômage stigmatise encore un peu plus les chômeurs.

La méthode proposée pour ce renforcement de la répression est similaire à celle utilisée contre les salariés pour favoriser leur licenciement (le barème des indemnités de licenciement) : dans les semaines qui viennent, le gouvernement

« proposera aux partenaires sociaux une réforme du barème et des modalités de sanctions »,

à charge pour eux d’assumer cette orientation coercitive.

On lira ci-dessous, d’une part le communiqué du MNCP et d’autre part le texte de la lettre de cadrage « Programme de travail portant orientation pour la réforme de l’assurance chômage » (en pièce jointe téléchargeable)

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Communiqué

Réforme de l’assurance chômage

Pas sans les chômeurs !

La lettre de cadrage remise par le gouvernement aux partenaires sociaux pour le « Programme de travail portant orientation pour la réforme de l’assurance chômage » confirme l’orientation essentiellement répressive envers les chômeuses, chômeurs et précaires.

Dans les semaines qui viennent, le gouvernement « proposera aux partenaires sociaux une réforme du barème et des modalités de sanctions », à charge pour eux d’assumer cette orientation coercitive. Les fraudes et escroqueries diverses dont chômeurs, salariés et le service public de l’assurance chômage sont victimes doivent bien entendu être sévèrement sanctionnées mais cela ne doit pas conduire à faire de l’ensemble des chômeurs des coupables en puissance dont on suspecte à priori l’irresponsabilité et la mauvaise foi.

Dans cette lettre de cadrage, rien n’est prévu ou envisagé en ce qui concerne la consultation et la concertation avec les représentants des organisations de chômeurs.

Comment accepter que les premiers concernés ne soient pas partie prenante de négociations sur des sujets qui impactent leur vie quotidienne ? Quelle autre catégorie de citoyennes et de citoyens est ainsi ouvertement privée du droit à la parole ?

Le MNCP s’adressera à l’ensemble des syndicats pour demander que les propositions des organisations représentatives des chômeurs et précaires soient entendues sur l’ensemble du projet de réforme dont la prochaine étape devrait être franchie fin janvier 2018.

D’ici là nous prendrons toutes formes d’initiatives afin de préserver (aucune baisse par rapport aux droits actuels par exemple sur la durée et le montant de l’indemnisation) et développer les droits des chômeurs (l’élargissement de l’assurance chômage à d’autres catégories est un leurre si de nouveaux moyens ne sont pas dégagés et les 50% de chômeurs actuellement non indemnisés ne sont pas pris en compte).

La réforme ne peut pas et ne doit pas se faire sans nous.

Jacqueline Balsan
Présidente / 01 40 03 90 66
jackbal34@gmail.com

Paris, vendredi 15 décembre 2017

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Et pour aller plus loin :

Vidéo LCP via Challenges

Article Challenges / 13-12-2017

 

 

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