Chômage : carton rouge contre les préjugés

Carton rouge : ce n’était pas qu’une métaphore mais un exercice concret

Jeudi 18 mai, la Fédération des Acteurs de la Solidarité* (ex-FNARS) des Régions PACA et Corse organisait une journée d’études sur le chômage et la précarité à Aix-en-Provence. Cette rencontre réunissait de nombreux travailleurs sociaux et militants associatifs, toutes et tous confrontés aux « idées reçues ». Robert Crémieux représentait le MNCP / Revue Partage et le livre « Chômage, précarité : Halte aux idées reçues » était au centre des débats ainsi que celui de ATD Quart Monde « En finir avec les idées fausses sur les pauvres et la pauvreté »  qui en est à sa 3e édition.

Au terme de cette journée, un constat se dégageait : ce type de travail croisant les regards et les pratiques est particulièrement nécessaire et utile. Et si les différences dans les approches sont parfois nettes, les conclusions n’étaient pas toujours si éloignées malgré les rôles aussi divers en apparence entre par exemple le représentant de Pôle emploi et celui d’un mouvement de chômeurs.

Le positionnement de la Fédération des acteurs de la Solidarité ne pouvait d’ailleurs que faciliter cette rencontre puisque le cadrage donné pour cette journée permettait d’avoir une vision très réfléchie sur la situation faite aujourd’hui aux chômeuses, chômeurs et précaires. Qu’on en juge par cet extrait, tiré du document de présentation de la journée :

Ces mesures d’activation qui s’inscrivent dans le cadre de la formulation de contreparties aux droits sociaux opèrent un glissement progressif du principe du droit au travail pour toutes et tous garanti par la société au principe de la responsabilisation individuelle de trouver du travail avec un accompagnement.

On peut dès lors se poser la question de l’impact de ces politiques publiques sur le regard porté sur la personne privé d’emploi. Celle-ci se retrouve responsable de la situation dans laquelle elle se trouve. Les personnes éloignées du marché du travail cumulant souvent d’autres difficultés en tous genres, les représentations, les préjugés et le déni de solidarité à leur égard apparaissent aujourd’hui massifs et bien ancrés.

Voilà qui rejoint en effet le travail que mène le MNCP sur la notion de précarité et comment y répondre dans le contexte nouveau issu de quatre décennies de chômage de masse. La Fédération des Acteurs de la Solidarité se pose bien la question du « comment faire » pour sortir de cette situation. Sachant qu’au sein même des associations ou des institutions concernées le problème des idées reçues se pose, cela a été dit : « ne sommes-nous pas nous-mêmes porteurs de pratiques qui véhiculent ces idées reçues ? ». La pression de l’administration chargée d’appliquer les politiques publiques se fait en effet sentir dans tous les domaines que ce soient dans les institutions chargées de les appliquer ou dans les associations tributaires des subventions liées à des « projets » s’inscrivant dans les orientations officielles.

D’où la nécessité aussi d’avoir des démarches de réflexion telle que la journée d’études permettant de croiser les expériences et de chercher des réponses pour déconstruire les idées reçues.

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* Fédération des Acteurs de la Solidarité PACA Corse

56 rue Paradis 13006 Marseille
fnars.pcd@fnars.org

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