Chômeurs – anthropologie d’un mouvement social

ChomeursIl faut avouer une certaine perplexité devant cet ouvrage. En effet, il n’y a pas d’autre mot pour qualifier l’étonnement que l’on ressent à voir l’anthropologie aussi peu et aussi mal utilisée sur un sujet aussi prometteur. Quand on clôt la lecture de ce travail, on ressent autant de soulagement que d’insatisfaction, car on cherche toujours à la dernière page quelle était la problématique. On n’est pas vraiment en désaccord avec l’auteure car elle ne démontre rien, si tant est qu’elle ait cherché à nous montrer quelque chose. La bibliographie est convenue et incomplète. Même les annexes sont pauvres, univoques et n’apportant rien au sujet.

Pas d’hypothèses, pas de questionnements, pas de pistes de réflexions : on ressort vide d’analyses quand on était entré plein d’espoirs. On se trouve en fait devant un compte-rendu des sentiments d’une personne qui visite des lieux et nous donne ses impressions : c’est un peu la rédaction d’un collégien qui aurait fait le tour de quelques associations de chômeurs. Une succession d’informations recueillies au hasard de conversations mal entendues et mal comprises. Un festival d’émotions et de premier degré.

La conclusion confirme notre crainte du pire : des stéréotypes, une mise en case des mouvements de chômeurs, une vision exagérément ritualiste de l’action militante, un dualisme entre travailleurs et chômeurs… Ce qui devrait conclure une thèse achève péniblement un mauvais publireportage.

Pierre Legrand

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Seung-Yeon Kim, préface de Marc Abélès
Chômeurs – anthropologie d’un mouvement social
L’Harmattan, novembre 2014, 280 p., 20 €

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