Édition 2014 de « Fête du travail, faites des emplois »

De nombreuses organisations se sont retrouvées les 28 et 29 avril derniers pour la deuxième édition de la « Fête du travail, faites des emplois ». Retour sur l’évènement.

fetedutravailCette initiative du Pacte civique1, qui doit s’inscrire dans la durée et s’étendre dans les régions, vise à élargir la symbolique du 1er mai à ceux qui sont momentanément ou durablement éloignés du monde du travail. C’est aussi l’occasion de mettre en commun les propositions de la société civile. Car l’expertise des organisations qui accompagnent les chômeurs, et l’expérience des chômeurs eux-mêmes, sont des gisements d’informations et d’innovations dont les pouvoirs publics et les partenaires sociaux peuvent et doivent s’inspirer. À cet effet, plusieurs évènements ont donc été organisés cette année.

Le 28 avril, une conférence à l’Assemblée nationale sur le thème « Changeons notre rapport à l’emploi » a permis tout d’abord de s’interroger sur la performance française en matière d’emploi, en se demandant si « les autres font mieux que nous », à partir de deux exposés d’experts, John Martin et Odile Quintin. La réponse est malheureusement positive : parmi les 28 pays membres de l’Union européenne, la France n’arrivait en février 2014 qu’au 17e rang au niveau du taux de chômage harmonisé. Cela dit, il y a débat entre nous sur les moyens de faire mieux : faut-il, notamment, imiter des formes de flexibilité utilisées ailleurs ? Ensuite, les propositions élaborées en commun par cinq organisations adhérentes du Pacte civique (Coorace, Adie, Crepi, MNCP, SNC), ainsi que le collectif Roosevelt et les États Généraux du pouvoir citoyen, ont été présentées aux partenaires sociaux (Medef, CGT, CFDT, CGPME) et aux administrations afin de recueillir leur sentiment2.

Ces propositions, qui mériteront d’être soutenues et approfondies dans les mois qui viennent, en particulier lors de la conférence sociale des 7 et 8 juillet 2014, qui devrait être ouverte aux acteurs de l’insertion, sont les suivantes :

Faire de l’initiative, de l’innovation et de l’expérimentation économique et sociale à la fois un droit et un devoir

À cet effet : faciliter et simplifier les conditions d’accès à certaines activités, créer un statut de stagiaire rémunéré de la formation permanente pour les jeunes ayant un projet de création d’activité, mettre en place un capital-initiative pour soutenir financièrement la création d’entreprise, financer l’indispensable accompagnement des créateurs grâce aux fonds d’assurance-formation, rendre possible l’adhésion à l’assurance chômage pour les entrepreneurs.

Pour réduire la dualité du marché du travail, franchir une nouvelle étape dans la responsabilité sociale des entreprises, des syndicats et des administrations vis‑à-vis des actifs non employés

Dans ce but : faire de l’inclusion sociale l’un des objets de la « négociation annuelle obligatoire » dans les entreprises, généraliser dans les marchés publics et privés les clauses d’exécution par des personnes éloignées du marché de l’emploi, lier les allégements de contributions sociales proposés à des accords en bonne et due forme dans les entreprises et les branches entre partenaires sociaux afin d’enrichir le dialogue social dans un sens favorable à l’emploi.

Ré-ouvrir sous de nouvelles formes le débat sur le temps de travail et les temps de vie

Pour cela, inscrire à l’ordre du jour de la prochaine conférence sociale la question de la lutte contre toutes les formes de temps subi et rechercher de nouvelles approches de partage du travail et des revenus.

Élargir le périmètre de l’assurance chômage pour l’universaliser

Afin de réduire la place devenue excessive des minimas sociaux, donner à l’assurance chômage les moyens d’accompagner correctement les demandeurs d’emploi et pour cela aligner sur le droit commun (2,4%) la contribution actuelle (1%) au régime d’assurance chômage des agents des trois fonctions publiques ; dans un second temps, réfléchir à une assiette qui ne repose pas seulement sur le travail.

Associer les demandeurs d’emploi et les associations qui les représentent à la définition, à l’évaluation et l’adaptation des politiques qui les concernent et les aider à s’organiser à cet effet

Il s’agit d’identifier les freins à cette participation, de mieux associer les usagers au fonctionnement des organismes qui les concernent, en s’inspirant de la formule des comités de liaison de Pôle emploi, et d’organiser la représentation des associations de chômeurs au CESE et dans les CESER notamment.

Le lendemain, 29 avril, a été organisée une soirée plus festive pour prolonger les débats et entrer dans une vision plus prospective du monde du travail, autour des trois idées forces de l’opération Fête du travail, faites des emplois : « Changer de regard, changer de méthode, changer d’échelle »3. Après avoir épluchés ensemble des légumes dans le cadre d’une « disco-soupe », les participants ont entendu débattre de ces trois thèmes par des trios d’associations où se retrouvaient des acteurs établis de l’insertion et des jeunes de la créative génération numérique, pour ensuite échanger librement entre eux en consommant la fameuse soupe et nouer ainsi des relations intergénérationnelles prometteuses, relations qu’il faudra prolonger et concrétiser.

Caroline Bonne, Jean-Baptiste de Foucauld

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1. www.pacte-civique.org
2. Ces propositions ainsi que les deux exposés introductifs sont sur le site www.fetedutravail.fr
3. Voir le développement consacré à ces trois changements sur le site www.fetedutravail.fr.

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