La lente agonie de l’assurance chômage

9 octobre à l’appel des syndicats

Légifrance a publié le 1er octobre le calendrier d’application de la loi Macron/Pénicaud sur la « liberté de choisir son avenir professionnel ». La mort annoncée de l’assurance chômage est une lente agonie que le gouvernement met en scène entre sadisme et agitation brouillonne.

Non seulement Macron / Pénicaud resterons dans l’histoire sociale comme liquidateurs de l’assurance chômage – héritage faut-il le rappeler de la période gaulliste – mais aussi comme les sinistres metteurs en scène de son agonie.

Depuis la campagne du candidat Macron, pas un jour ne s’est passé sans qu’une annonce plus ou moins farfelue, plus ou moins irréaliste ne devienne le lendemain un nouvel outil de la chasse aux chômeurs.

Ainsi le jour même où la presse se fait l’écho de la dernière en date des macroneries sur les questions de l’emploi – ne faites pas le difficile face aux offres d’emploi qui existent – tombe l’annonce de la fin des cotisations chômages sur la feuille de paie (ce qui est présenté comme un progrès !), Légifrance publie le calendrier de la mise en application de la loi Pénicaud pour la « liberté de choisir son avenir professionnel ».

Ce calendrier s’étale sur plus de six mois et encore sans tenir compte de la « négociation » décrétée par Macron entre les partenaires sociaux pour la énième réforme des règles de l’Unédic.

Passons sur l’ironie qui consiste à faire voter une loi qui s’intitule « liberté de choisir son avenir professionnel » alors que l’on fait la leçon à un horticulteur à qui on conseille de traverser la rue pour trouver un emploi de… plongeur dans un café. Cette attitude de Macron pourrait passer pour de la désinvolture, du mépris, de l’arrogance du gars qui a réussi mais il s’agit avant tout d’une philosophie du rapport au travail. Les « riens » doivent se contenter de ce qu’on veut bien leur donner.

Rappelons que la liberté du choix de son travail n’est pas que de la novlangue macronienne mais un principe du droit du travail. Un droit fondamental même inscrit dans les traités internationaux et chartes sociales.

Depuis l’affirmation du droit à l’emploi, dans le Préambule de la Constitution de 1946, qui implique l’engagement de la part de l’État de pratiquer une politique de plein-emploi, la liberté du travail apparaît comme la faculté reconnue à toute personne de gagner sa vie en exerçant l’activité professionnelle de son choix.

La  Déclaration universelle des droits de l’homme dispose dans son article 23-1 :

« Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail et à la protection contre le chômage. »

Le « monde nouveau » de la macronie est bel et bien une régression sur toute la ligne.

Enfin, pour rigoler un peu, notons à la consultation de la liste interminable des décrets (et autres règlements divers de l’Unédic) en préparation : il est douteux que l’allégement du Code du travail soit pour demain. Le « Code du travail trop lourd » ce n’était que de la propagande du Medef pour faire avaler la réduction des droits. Les chômeuses, chômeurs et précaires ont toutes les raisons d’être dans la rue le 9 octobre prochain aux côtés des salariés.es, à l’appel des syndicats et des organisations de chômeurs.

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