L’écologisme des pauvres – Une étude des conflits environnementaux dans le monde

L'écologisme des pauvresL’eau et les rivières, l’air, la terre et les forêts : indispensables à tous mais plus encore aux plus démunis qui en dépendent directement. Les mines d’or, de plomb, de cuivre, etc., les forages, les barrages gigantesques, les élevages de crevettes qui détruisent les mangroves, les usines dangereuses (Bhopal), bref ! toutes les productions d’énergie et de matières qui concourent au développement économique ont leurs effets pervers, leurs « externalités », déchets et pollution. Et, le plus souvent, quand énergie et matières sont exportées du Sud au Nord, ces « externalités » pourrissent la vie in situ. Les conflits pour la vie sont aussi vieux que l’ère industrielle. Ils se multiplient sous des vocables divers : défense des droits sociaux, humains, ancestraux, souvent conduits par des femmes. S’agit-il d’écologie ? L’écologie n’est-elle pas une idéologie de nantis des pays du Nord ? L’histoire de l’écologie des pauvres, ou son avatar présent surtout aux Etats-Unis, le combat pour une justice environnementale – pourquoi telle usine de traitement des déchets et ses rejets toxiques est-elle située dans le quartier des plus pauvres ? – dément cette idée reçue. L’étude de Joan Martinez Alier est foisonnante, touffue car elle est aussi un manuel pour l’économie écologique, son histoire et ses sources. Deux livres en un, se répétant parfois, péché mignon des enseignants sans doute, mais totalement convaincants pour l’intégration des coûts environnementaux et sociaux dans le calcul économique.

Jacques Grall

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Joan Martinez Alier
L’écologisme des pauvres – Une étude des conflits environnementaux dans le monde
Les Petits Matins, septembre 2014, 670 p., 25 €

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