L’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes / Les métiers ont-ils un sexe ?

Egalite des sexes au travailEn théorie les métiers sont aussi bien ouverts aux hommes qu’aux femmes, mais en pratique seuls 12% d’entre eux sont réellement mixtes. « Les métiers ont-ils un sexe ? » se demande alors Françoise Vouillot. Les femmes sont-elles génétiquement conçues pour s’adapter à certains métiers et les hommes pour d’autres ? La réponse est non, bien entendu, les hommes et les femmes sont loin d’être aussi différents qu’on essaie parfois de nous le faire croire. Ce n’est donc pas la différence physique ou génétique qui explique ces orientations professionnelles, mais plutôt les stéréotypes, l’éducation, l’école…

Beaucoup de professions ou de secteurs d’activité sont catégorisés comme « féminin » ou « masculin ». L’enfant qui se construit va donc s’imaginer plus tard dans un métier catégorisé selon son sexe. Cette classification sera confortée par sa famille ou ses amis, mais aussi par l’école ou la télévision. A l’adolescence, au moment où on lui demande de choisir une voie, un métier, il va s’orienter soit en adéquation avec l’image qu’il se fait de son sexe, soit au contraire en opposition avec celle-ci. Une fille qui veut rester en adéquation avec son image de fille, s’orientera vers les secteurs de l’éducation, de la santé ou du social par exemple. Et l’école ou les conseillers d’éducation la pousseront naturellement vers ces métiers. Si l’on veut que les métiers deviennent réellement mixtes, il ne suffit donc pas de faire des lois, il faut casser cette catégorisation à la base.

Cette différence ne s’observe pas uniquement au niveau des secteurs d’activité mais, également pour une même profession, au niveau de la hiérarchie. Alors que les femmes sont plus souvent au bas de l’échelle, les hommes restent entre eux, au sommet de la pyramide. Là encore, l’éducation et les idées reçues jouent leur rôle : les hautes fonctions de l’entreprise demanderaient trop d’investissement pour les femmes, qui ne pourraient pas s’octroyer le temps nécessaire à cause de leurs enfants dont elles sont censées s’occuper.

Vient alors la question de la famille. Quand vie privée et vie professionnelle s’entremêlent, alors l’Etat s’en mêle. C’est Jacqueline Laufer qui nous propose ce voyage dans l’histoire de la conquête de « L’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes ». Cette conquête s’étant faite tout d’abord par le cadre juridique. Depuis les années 60, les femmes ont investi l’espace professionnel et l’Etat a mis en place plusieurs dispositions pour les y aider, du moins en théorie. Plutôt que de rechercher l’égalité, l’Etat a d’abord voulu protéger la femme qui travaille, par exemple en lui interdisant le travail de nuit. Pour se rapprocher de l’égalité, il a donc fallu sortir de cette logique protectrice.

Mais une loi ne suffit pas, encore faut-il la faire appliquer par les entreprises ! Alors, se pose la question de la hiérarchie dans la lutte contre les discriminations : discrimination en raison des origines, de l’âge, du sexe, d’un handicap, de l’orientation sexuelle, de croyances religieuses… Par quoi commencer ?

Les acteurs de cet ouvrage ne sont finalement pas ceux que l’on croit : ce ne sont pas les hommes ni les femmes, mais l’Etat, les entreprises, et les syndicats. Depuis des décennies, les démarches des uns et des autres font avancer la France, petit à petit, vers sa valeur d’égalité, annoncée dans sa devise il y a fort longtemps, mais loin d’être atteinte à ce jour.

Sandie Constancias

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Jacqueline Laufer, L’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes
La Découverte, 2014, 128 p., 10 €

Françoise Vouillot, Les métiers ont-ils un sexe ?
Belin, 2014, 72 p., 5,90 €

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