Maison des chômeurs et précaires de Nanterre

Dans ses nouveaux locaux, l’Assol prend un nouvel envol

Inauguration des nouveaux locaux de l'Assol à Nanterre.
Inauguration des nouveaux locaux de l’Assol à Nanterre.
© Gérard et Monique Lechantre

Le 7 novembre dernier avait lieu l’inauguration des nouveaux locaux de l’Association de solidarité pour l’emploi (Assol) de Nanterre. Plus qu’un simple changement de local, l’occasion d’une nouvelle impulsion.

Si ce déménagement a bien sûr un impact sur les salariés et les bénéficiaires qui s’y rendent régulièrement, ce changement de lieu a aussi été l’occasion de relancer ce projet associatif et toute la dynamique d’action et de participation des différents acteurs qui y sont impliqués. Isabelle Lechantre, présidente de l’Assol, l’a confirmé en précisant que l’association « ouvrait une nouvelle page de son histoire alors qu’elle a été créée il y a bientôt 30 ans ». Dans sa prise de parole, cette dernière a ainsi tenu à remercier ses fondateurs qui, à la même époque, ont également concouru à la création du MNCP, auquel l’association a adhéré. Un hommage qui s’est matérialisé par cette proposition des membres du conseil d’administration de baptiser de leurs noms les trois principaux espaces de ce nouveau lieu en salles Tourmetz, Dibowski et Trenel. Dans son hommage d’introduction, Isabelle Lechantre n’a pas oublié non plus d’y associer Jean Laybros et Gérard Lechantre, acteurs essentiels du développement de l’association.

Une marque de fabrique « Assol » qui produit des effets positifs

Directeur de la structure, Jean Baptiste Willaume a tenu à rappeler que trois ans de travail ont été nécessaires pour préparer et mettre en œuvre ce changement. « Cela n’aurait pu se faire sans le précieux concours du conseil d’administration, mais aussi de l’équipe salariée, des partenaires et des bénévoles », a-t-il expliqué le 7 novembre dernier. Selon leurs disponibilités, ces derniers ont conduit des travaux d’aménagement et ont participé à la mise en place de nouvelles activités, comme l’installation d’une bagagerie, d’une laverie, d’une grande salle informatique ainsi qu’à l’animation d’activités déjà existantes mais davantage développées que sont, par exemple, les espaces d’accueil et de repas, beaucoup plus spacieux et agréables. Sans oublier des lieux dédiés à l’aide alimentaire et au soutien des démarches. Toujours dans son discours, Jean Baptiste Willaume a insisté sur l’importance du travail collectif, « une marque de fabrique de l’Assol », selon lui. Constatant même « que celui-ci produit des effets étonnamment positifs sur le parcours de personnes venant ici puiser un nouveau dynamisme et une nouvelle force pour rebondir ». On en veut d’ailleurs pour preuve l’installation d’un « conseil des usagers », d’un « groupe de paroles », d’ateliers « infos thématiques et emplois », mais aussi d’événements comme les « ciné débats », les ateliers « photos et arts plastiques » et autres « jeux » et « textes du monde ». Des initiatives dont la plupart sont animées par des nouveaux bénévoles habitant le quartier…

© Gérard et Monique Lechantre
© Gérard et Monique Lechantre

Sur le plan humain mais également avec le concours des multiples compétences des salariés et bénévoles, la qualité de l’action conduite à l’Assol permet à un grand nombre des personnes poussant la porte de l’association d’engager un vrai retour de plain-pied dans la vie sociale. Ainsi, chaque année, ce sont entre 600 à 700 personnes qui bénéficient d’un accompagnement personnalisé pour un retour à l’emploi, un accès aux droits et, bien souvent, un appui pour la recherche d’un logement stable. Quant au service de domiciliation, il permet de donner une adresse à environ 350 personnes par an. Les partenaires « financeurs » pointent d’ailleurs ces résultats exemplaires. Une réalité qui favorise leur appui financier et plus globalement assure à la structure une forte reconnaissance de l’association en la rendant incontournable à Nanterre.

Jean-François Yon

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Les actions « collectives de résistance », le nouveau grand défi du MNCP

« Alors que le chômage et la précarité continuent sans cesse leur redoutable progression, il est plus que jamais indispensable que les chômeurs et précaires puissent, pour ceux et celles qui le souhaitent, s’organiser et rejoindre des associations locales comme l’Assol qui adhérent au MNCP. Cela, pour obtenir un soutien, accéder à leurs droits, les défendre et faire de nouvelles propositions tout en étant présents dans les instances où se décident leur sort.

Dans ce contexte, le grand défi du MNCP est de mettre en place, dès maintenant, les actions qui lui permettront de rester fortement présent dans le paysage social de notre pays. Même si de nombreux militants bénévoles et d’anciens responsables d’associations locales continuent l’action au sein du MNCP, alors même que pour certains, ils ont pris leur retraite, il est important que de nouvelles forces militantes, aussi plus jeunes, rejoignent le mouvement.

La période n’est pas facile mais cela peut se faire malgré tout de deux manières : premièrement, en favorisant l’adhésion ou la création de nouvelles associations (certaines sont en cours) ; deuxièmement, par la relance du projet associatif des associations existantes. C’est à dire que soit pris par les responsables, le temps nécessaire pour revisiter le projet de l’association, le relancer. En clair, mettre en place de nouvelles activités pour favoriser la participation de nouveaux bénévoles, chômeurs, précaires ou pas, dans l’animation de ces structures et, pourquoi pas, d’en devenir à terme l’un des responsables.

Certaines associations, comme Chôm’Actif de Clermont-Ferrand, sont déjà entrées dans cette démarche. C’est ce que fait aujourd’hui l’Assol, en utilisant intelligemment la dynamique issue du changement de local pour régénérer l’ensemble de son projet et conforter son installation dans le paysage social de Nanterre, peut‑être un exemple à suivre par d’autres Maisons des chômeurs. Ainsi, l’Assol est en train de réussir ce pari difficile et montrer que cela fonctionne, même si les chemins pris par les unes et les autres associations pour atteindre l’objectif peuvent être bien entendu différents !

Enfin n’oublions pas l’essentiel, que si les actions d’accueil, de soutien, d’économie solidaire sont indispensables, l’objectif primordial reste de renforcer « l’action collective de résistance » face à un système économique et financier qui continue d’exclure et d’appauvrir. Cette résistance passe notamment par l’action revendicative, l’action de représentation et la participation du MNCP au sein d’un mouvement social qu’il peut contribuer avec de nombreux autres à relever. Nul doute que l’Assol saura, avec ses militants, « apporter sa pierre » et contribuer, en région parisienne à maintenir cet objectif. »

Jean-François Yon (Ancien président du MNCP)

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