Médias : cachez les précaires

Le CSA pointe la « quasi-absence » de certaines populations des écrans de télévision



Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) vient de publier son Baromètre annuel de la diversité française. Son constat est sans appel : la télévision donne une vision totalement déformée de la société. En d’autres termes, certaines catégories sont sur-représentées dans le petit écran tandis que d’autres sont quasiment absentes. Surtout l’image donnée ne représente pas les catégories sociales.

Ce n’est un secret pour personne : il vaut mieux être Parisien, d’un certain âge, de catégorie sociale aisée pour apparaître à l’écran. Ce constat les téléspectateurs l’ont fait de longue date. L’étude du CSA a le mérite de mettre des chiffres et des mots noir sur blanc sur cette réalité politique. Le mouvement des Gilets Jaunes dans sa diversité, après d’autres, a mis en lumière la censure dont sont victimes – pour ce qui concerne la Revue Partage – les chômeuses, chômeurs et précaires qui n’ont pas droit à la parole médiatisée.

Le Baromètre écrit ainsi :

B. Une quasi-absence des personnes en situation de précarité

1. Une faible représentation des personnes en situation de précarité
Le nombre de personnes perçues comme étant en situation de précarité sur la vague 2018 du baromètre est bien en deçà de la réalité économique et ne s’élève qu’à 0,7 %. En effet, la France compte 25,8 millions d’emplois, occupés par 22,9 millions de salariés et 3 millions d’indépendants. Parmi ces emplois, 13 % sont considérés comme des emplois précaires (soit 3,4 millions de personnes)17. Même si ces chiffres ne portent que sur les emplois précaires, cela montre bien que la représentation à l’antenne est très éloignée de la réalité.

Ce constat est recoupé et encore renforcée si l’on prend certaines catégories : par exemple les locataires des HLM n’ont pas non plus droit à la parole. Cette invisibilité dans une société où l’image médiatique compte de plus en plus pour avoir une reconnaissance sociale pèse plus durement qu’on ne le croit sur les comportements. L’abstention, la mise en retrait de la société deviennent des façons de manifester son opposition à cette mise à l’écart.

Voilà plus de trente ans que les organisations de chômeurs dénoncent cette censure qui les privent de toute représentativité médiatique et redouble le refus de reconnaissance de la part des pouvoirs publics. Par exemple, depuis que les réformes de Macron en matière d’assurance chômage sont imposées par le gouvernement et la majorité de l’Assemblée nationale, la ministre Pénicaud, sans parler du Premier ministre ou du Président lui-même, refuse de rencontrer les organisations du chômeurs et de les entendre.

Vous avez-dit « Grand débat national » ?

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Le rapport du CSA à télécharger :

CSA – Baromètre de la diversité 2018 (1)

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